Maryam El-Maliki est tombée amoureuse du vélo un peu par hasard. Aujourd’hui présidente de l’atelier participatif AxéCycle et collaboratrice à DÉFI VÉLO, la jeune femme est convaincue d’avoir trouvé sa voie.
La rencontre qui a tout changé
Étudiante en ingénierie mécanique, Maryam a toujours aimé bricoler. Enfant, elle insistait pour assembler elle-même les meubles IKEA et démontait sa calculatrice en classe pour comprendre son fonctionnement. C’est pourtant des années plus tard qu’elle découvre l’univers de la mécanique vélo, le jour où elle aperçoit un deux-roues au design atypique et qu’elle décide d’aller discuter avec son propriétaire, Mayeul Barthes. Celui qui est aujourd’hui gérant du Point Vélo de l’EPFL est aussi le co-fondateur de l’atelier participatif AxéCycle. Cet espace, situé à l’époque à la rue du Simplon, propose des vélos à prix abordables, des outils pour les réparer, et un encadrement par des bénévoles passioné.e.s.
Invitée par Mayeul à visiter l’atelier, Maryam est immédiatement séduite par le monde qui s’ouvre à elle. Impressionnée par le nombre d’outils à disposition, elle s’achète un vélo, revient à AxéCycle pour bricoler, et prend peu à peu ses marques dans l’atelier. Elle raconte qu’elle s’y est très vite sentie à l’aise : « personne ne m’embêtait ou ne m’enlevait les outils des mains ». Un jour, alors que Mayeul est occupé avec des réparations, la jeune femme décide d’assister des clients venus pour une crevaison. Elle réalise alors qu’elle peut mettre ses compétences au service des autres, ce qui l’amène à s’engager durablement chez AxéCycle. S’en suivent des années de passion mais aussi de galères lorsque l’atelier déménage à Malley. « On n’avait pas d’éléctricité, ni d’eau courante » se souvient Maryam qui se bat pour que le projet survive. Aujourd’hui installé près de la place de la Riponne, AxéCycle doit beaucoup à l’engagement de celle qui est désormais sa présidente.
Une vie dédiée au vélo
La vie de Maryam tourne autour du vélo. En plus d’AxéCycle, la jeune femme travaille à DÉFI VÉLO, fait des livraisons sur deux-roues, et est mécanicienne cycliste dans son garage. Elle poursuit aussi ses études en ingénierie mécanique « pour le vélo » avec l’objectif de faire de sa passion son métier. Pleine d’ambition, Maryam a d’ailleurs déjà imaginé « Menybikes », un projet de marque cycliste avec de la création de pièces. « J’essaie de faire émerger le truc, pour le concrétiser à la fin de mes études. »
L’intérêt évident de Maryam pour la mécanique lui a permis d’entrer dans le monde de la petite reine, mais son engagement dépasse désormais largement les pièces et les outils. Elle apprécie particulièrement les rencontres et l’esprit de communuauté qui entourent le vélo à Lausannne et en Suisse : « Ça m’a amené à des personnes incroyables et à un mode de vie exceptionnel ». Avant de véritablement découvrir le vélo, la présidente d’AxéCycle s’intéressait davantage à la moto ou aux scooters, mais elle confie que « la communauté n’est pas la même » tout en soulignant que la mécanique des motos est nettement moins accessible.
Partager, aider, inspirer
Dans le cadre de DÉFI VÉLO, Maryam est monitrice et intervenante. Elle parle aux jeunes de mécanique mais aussi de son activité de coursière à vélo et de ses voyages cyclistes, notamment jusqu’à Berlin ou dans le Sud de la France. Son objectif est d’inspirer les adolescent.e.s mais surtout de leur offrir un moment agréable : « Il faut qu’ils partent à la maison en se disant qu’ils ont passé une bonne journée, pour qu’ils fassent le lien entre le vélo et les bonnes journées ». Une méthode bien plus efficace, selon elle, que d’aligner des arguments ou des statistiques pour promouvoir la petite reine. Pour capter l’attention des plus distrait.e.s, elle cherche toujours l’intéractivité, en proposant par exemple un jeu des cinq différences entre deux vélos, de quoi faire participer son audience et stimuler la curiosité.
Par le biais de ses interventions, Maryam cherche aussi à démontrer la simplicité du vélo, et à convaincre les jeunes qu’ils sont en mesure de l’entretenir ou de le réparer : « Des gens pensent qu’ils ne savent rien faire de leurs mains mais la plupart en sont capables. J’essaie de réparer avec eux, et de les laisser trouver comment faire ». Des techniques qu’elle applique aussi à AxéCycle, où elle ne répare pas « pour les gens » mais « avec les gens », toujours dans le but de transmettre ses compétences. Et pour contrecarrer la faible représentation des femmes dans l’univers du vélo et de la mécanique, Maryam a aussi ses méthodes. C’est avant tout à travers sa personne qu’elle préfère passer son message : « Il suffit que je sois là et que je parle de mon parcours pour montrer que c’est faisable d’être une femme dans le vélo, il n’y a pas besoin de l’expliciter davantage ».
Devenue une figure incontournable de la communauté vélo qui lui est si chère, Maryam incarne cette nouvelle génération de passionné.e.s qui, en partageant leur savoir-faire transforment la mobilité urbaine et favorisent l’inclusion.